Le Petit Rustre
 

Guy Turcotte : Justice ou vengeance?

Jean-Pierre Picard
07 juillet, 2011

Ma réaction initiale a été l'indignation en apprenant le verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux dans la cause de Guy Turcotte qui a tué ses deux enfants. Puis j'ai entendu une entrevue à la radio avec un homme qui avait eu le même diagnostic médical que Monsieur Turcotte.

Cette personne a compris, contrairement à la majorité d'entre nous, que nous ne sommes vraiment pas à l'abri d'un cerveau qui disjoncte. Par contre il avait consulté un professionnel avant que ça devienne dramatique.

Le vrai crime de Guy Turcotte c'est de ne pas être allé chercher de l'aide pendant qu'il était temps avant d'être pris en charge par un pilote automatique malsain.

Espérons que ce drame fera prendre conscience aux hommes de cette violence latente qui peut régner en maître si l'occasion se présente.Cela en incitera peut-être quelques-uns à chercher du soutien avant de commettre l'irréparable.

Si Guy Turcotte retourne sur le marché du travail, il devrait être condamné à verser tous ses revenus à un organisme oeuvrant auprès de la sensibilisation aux maladies mentales.


Mordre la poussière... d'or

Jean-Pierre Picard
02 mars, 2011

C’est quand même navrant l’équation que fait notre société entre succès et victoire. Même si un de nos athlète se hisse au calibre des meilleurs au monde, il ne verra son visage sur une boîte de céréales qu’à la condition de se mériter une médaille, même s’il (ou elle) était à quelques centièmes de secondes derrière les médaillés.

Tout récemment, le film du cinéaste québécois Denis Villeneuve s’est retrouvé en lice pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Quant à moi c’est là un succès indéniable. Il y avait également plusieurs canadiens en nomination pour une statuette dorée. À la suite du dévoilement des résultats, la Presse a publié un article avec le titre « Les Canadiens mordent la poussière » puisqu’aucun d’entre eux n’a gagné. Tant qu’à moi, je serais heureux de mordre cette poussière d’or.


Affaire Latimer : le manque d’imagination de nos tribunaux

Jean-Pierre Picard
14 février, 2011
Nos tribunaux auraient pu être plus créatifs avec Robert Latimer plutôt que de le faire croupir en prison pendant dix ans.

J’ai attrapé un bout d’entrevue entre l’excellente journaliste Anne-Marie Dussault et Robert Latimer, ce fermer saskatchewannais qui a mis fin aux jours de sa fille Tracy lourdement handicapée en 1993. J’habitais en Saskatchewan cette année là et cette nouvelle qui a défrayé les manchettes des médias nationaux a alimenté les discussions de restaurants de la province pendant plusieurs jours.

Je me souviens de la sympathie que j’éprouvais pour cet homme qui n’en pouvait plus de voir souffrir sa fille à chaque opération qu’elle devait subir. Suite à un manque d’oxygène à la naissance, elle souffrait de paralysie cérébrale qui la rendait incapable de s’alimenter, de parler ou de bouger en plus d’être en douleur constante. Les opérations allaient de l’étirement de tendons à l’installation de tiges le long de sa colonne vertébrale.

En 1993 Monsieur Latimer a appris qu’il y aurait toute une nouvelle série d’opérations dont la première serait de retirer l’os attachant la jambe à la hanche. Le docteur a informé la famille que la douleur suivant cette opération était très intense. C’est alors que monsieur Latimer a enfermé Tracy dans la camionnette et qu’il a installé un boyau sur le tuyau d’échappement pour l’asphyxier. Elle avait 12 ans.

Les tribunaux l’ont condamné à la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle au bout de dix ans. Je ne peux que questionner la pertinence d’une telle sentence. Qu’espère-t-on accomplir en enfermant cet homme pendant dix ans?

Le rôle des prisons : protéger la société ou punir?

Il me semble que le rôle des prisons devrait être de protéger la société d’individus dangereux. Robert Latimer représente-t-il vraiment un danger pour la société? Si l'a enfermé pour le punir, je crois que notre système judiciaire a manqué le coche. En l’enfermant c’est surtout sa femme et ses trois autres enfants qu’on a puni en les forçant à s’occuper seuls de la ferme.

Le problème c’est que notre système judiciaire fonctionne comme un mode d’emploi. Si on brise la règle X, il y a la punition Y.

Si on utilisait la formule des cercles de justice autochtones on pourrait solutionner ce genre de situations de façon plus équitable. Je me souviens qu’au lendemain de sa condamnation je me demandais pourquoi on allait dépenser des fonds publics pour garder monsieur Latimer en prison. On aurait pu simplement le confiner à sa ferme et le forcer à verser ses revenus, une fois un minimum de base retenu pour faire vivre sa famille, à des organismes œuvrant auprès des personnes handicapées.


Il est où le fric?

Jean-Pierre Picard
08 février, 2011

J'aimerais bien qu'on m'explique quelque chose que je n'arrive pas à comprendre. On justifie les carences de notre système de santé, de nos écoles ou l'état de nos routes en invoquant le manque d'argent. Pourtant...

Quand les grands de l'automobile ont crié famine les gouvernements canadiens et étatsuniens ont trouvé des milliards. Quand des amateurs de sports à Québec ont décidé qu'ils voulaient une patinoire à millionaires le gouvernement Charest a trouvé des millions.

Mais il est où ce fric quand on en a besoin pour nos jeunes, nos démunis, nos malades?


En attendant une vraie fête nationale pour le Québec

Jean-Pierre Picard
22 juin, 2009

La montée de lait de certains nationalistes quant à la présence de deux groupes anglophones lors des célébrations de la St-Jean indique qu’il faut se questionner sur la raison d’être des célébrations du 24 juin.

Le 4 juillet les Américains commémorent la date de la déclaration de leur indépendance. Le 14 juillet les Français célèbrent l’anniversaire de la prise de la Bastille, point tournant de leur révolution.

Au Québec nous n’avons rien à célébrer pour le moment. Tout ce qu’on a à se mettre sous la dent c’est un jour en honneur à un saint que le pape Pie X a fait patron des Canadiens-français en 1908. Faute de mieux, le gouvernement Lévesque en a fait une « fête nationale » en 1977.

Si on veut vraiment parler de fête nationale, il faut l’étendre à tout qui touche la citoyenneté québécoise que l’on soit d’origine chilienne, irlandaise, écossaise, arabe ou autre. Devrait-on s’offusquer si des artistes des premières nations chantaient dans leur langue sur la grande scène ?

Si on en fait une question linguistique alors il faut retourner à la vocation première de cette fête et célébrer la francophonie canadienne dans son ensemble. Lorsque j’ai vécu en Saskatchewan, les Fransaskois célébraient la St-Jean avec autant de fierté que bien des Québécois.

Je rêve encore d’un Québec indépendant qui un jour aura une véritable fête nationale célébrant son accès à l’indépendance. En attendant, il faut décider si le 24 juin on fête les Canadiens-français ou la nation québécoise dans son ensemble.


Bienvenue dans la réalité Monsieur Harper

Jean-Pierre Picard
08 février, 2006
Réflexion sur les premières actions du nouveau premier minsitre du Canada, Stephen Harper.

Voilà à peine quelques heures que vous êtes assermenté comme Premier ministre du Canada, monsieur Harper et vous voilà déjà transformé en véritable politicien. Dans votre nouveau conseil des ministres vous avez réservé une place à Michael Fortier, un ami personnel du Premier ministre québécois qui n'était même pas candidat aux dernières élections. Pour ce faire, vous allez le nommer au Sénat, même si par le passé vous avez clamé que seuls les élus devraient siéger au conseil des ministres.

Au moins on a le ton. Dès votre première journée dans le fauteuil du Premier ministre du Canada vous vous dissociez de vos professions de fois antérieures. Il ne reste plus qu’à faire la même chose avec vos promesses électorales.

Vous avez donc compris qu’il y a une différence entre un candidat et un élu. L’élu n’est pas responsable des paroles lancées en l’air par un candidat pour se faire élire. En fait pas besoin d’être élu pour renier ses paroles d’hier. Il suffit tout simplement de côtoyer la politique. En effet, quelques jours avant d’être nommé ministre, Michael Fortier avait offert cette réponse à un journaliste qui lui demandait qu’il serait intéressé par un poste de ministre : «Êtes-vous fou? Chef de cabinet, c'est un job exigeant, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. J'ai une famille, vous savez!»

Et la nomination d’un transfuge libéral au poste de ministre? Vous n’y voyez vraiment pas d’inconvénient? Pourtant avant le déclenchement des élections plus d’une trentaine de vos propres députés avaient voté en faveur d’une idée des NPD voulant que dans le cas où un député déciderait de quitter son parti, il devrait retourner devant ses électeurs afin de s'assurer de leur appui avec des élections complémentaires. En effet nous sommes nombreux à voter pour un parti plutôt que pour un individu.

Vous savez comment faire pour savoir si un politicien est en train de mentir? C’est simple, il bouge les lèvres.


Noirs, Amérindiens et quotient intellectuel:
Mailloux avait presque raison

Jean-Pierre Picard
04 octobre, 2005
Le "Doc Mailloux" croit à une étude qui affirme que les noirs et les Amérindiens ont 15 points de moins que les blancs sur les tests d'intelligence.

Le Québec a été balayé par un mini tsunami médiatique à la suite des déclarations du Doc Mailloux lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle. Celui-ci a déclaré, se basant sur des « études », que les Noirs et les Amérindiens obtenaient 15 points de moins que les blancs sur les tests de quotient intellectuel.

Ses propos illustrent bien le vieil adage qu’il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les mensonges éhontés et les statistiques.

Notre façon d’interpréter les statistiques trahit généralement nos préjugés. Le lendemain de l'émission j’ai entendu un autre psychiatre affirmer la même chose, mais avec une nuance qui rendait ces propos acceptables. Oui, les Noirs et les Amérindiens ont 15 points de moins, mais non pas parce qu’ils sont noirs ou amérindiens, mais parce qu’ils vivent dans des conditions socio-économiques défavorisées. Lorsqu’on fait les mêmes tests pour comparer populations pauvres et bien nanties on obtient le même écart.

Toute une nuance! Le Doc Mailloux aurait pu utiliser ces chiffres pour souligner l’importance de rehausser le niveau de vie de ces communautés, mais il a plutôt décidé de nourrir des préjugés malsains en parlant de sélection naturelle lors de la capture des populations africaines destinées à l’esclavage.

La morale de tout ceci? Y’en a pas. Faut juste continuer à réfléchir lorsqu’on se fait balancer des chiffres.


Temps confus

PaulPicard
12 novembre, 2004
Réflexions sur l'après Arafat

Quel temps interessant. J'espere tellement que certains de mes prejuges seront totalement dementis. N'importe quel processus de paix implique de liberer la grande majorite des terres "contestees... occupees". Si jamais tout s'enligne trop bien du cote palestinien... je suis certain que Sharon saura bien faire le bon geste provocateur au bon moment pour envenimer la situation. (Vieil article...Sharon le Toreador) Ou est-ce que Bush a pu prendre son concept d'attaque preventive? La guerre de 67 fut une attaque preventive d'Israel. Les avions arabes etaient encore tous au sol lors de la guerre preventive declaree par Israel. Il fallait qu'ils aillent en Irak a cause des armes de destruction massive...Une fois les armes non trouvees... nous sommes mieux sans Saddam. Ils ne pouvaient faire la paix a cause de Arafat... Arafat parti... Les conditions demographiques actuelles ne permettent plus de rendre la majorite des territoires occupes. Il faut trouver des dirigeant palestiniens qui pourront bien comprendre cela. Bush a ete elu parce qu'il a une idee tres precise de ce qu'il veut faire et il ne deviera pas de son plan d'un seul centimetre... Arafat avait une idee tres precise de ce qu'il voulait et son integrite inconditionnelle a sa cause ne lui permettait d'y devier d'un centimetre. Des temps interessants ... mais je suis content d'observer l'action de loin.


Internationaliser le monde

Jean-Pierre Picard
27 octobre, 2004
Discours du ministre brésilien de l'Éducation aux États-unis Cristovam Buarque

Pendant un débat dans une université aux États-unis, le ministre de l'Éducation Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet de l'internationalisation de l'Amazonie. Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu'il espérait une réponse d'un humaniste et non d'un Brésilien.

Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.

En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.

En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute l'humanité. Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.

Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix.

De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays. Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l'Amazonie, j'aimerais assister à l'internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul pays.

Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés à y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-unis. Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les États-unis veulent internationaliser l'Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des États-unis. Ne serait-ce que par ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-unis ont sou tenu l'idée d'une internationalisation des réserves forestales du monde en échange d'un effacement de la dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les enfants du monde ait la possibilité de manger et d'aller à l'école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. Davantage encore que l'Amazonie. Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu'ils devraient vivre.

En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et seulement à nous!


Punir ou guérir?

Jean-Pierre Picard
28 septembre, 2004
Doit-on punir Marielle Houle qui a aidé son fils à se suicider? Si oui, comment?

À Montréal, le lundi 27 septembre, Marielle Houle a été accusée d’avoir aidé son fils, atteint de la sclérose en plaque, à se suicider. La vraie question, du moins pour le moment, ne concerne pas la légalité de son geste. Ce débat est plus profond et complexe et il est à souhaiter que nos législateurs se penchent sur ce dossier.

Ce qu’il faut questionner, c’est l’application de la justice de façon intelligente dans ce genre de situation. Madame Houle pourrait faire face à une peine de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans. Le rôle des prisons devrait être la protection de la société et non un moyen de punir. Je doute que Mme Houle représente une quelconque menace pour ses voisins et ses chances de récidives sont nulles.

Oui, elle est coupable d’avoir enfreint une loi existante. Oui il faut qu’elle paie un prix. Mais ne pourrait-on pas trouver une sentence plus créative que l’incarcération? Elle pratiquait le métier d’infirmière auxiliaire jusqu’à tout récemment. Un tribunal pourrait alors lui imposer de travailler auprès des personnes atteintes de la même maladie que celle de son fils. Une telle sentence atteindrait deux buts. En plus de contribuer à la société, le travail auprès de ces malades lui permettrait sans doute d’entamer un processus de guérison émotionnelle. Aucune mère ne peut sortir indemne d’une telle situation.

C’est comme pour le fermier saskatchewannais Robert Latimer qui a mis fin aux jours de sa fille qui souffrait de paralysie cérébrale plutôt que de la voir subir une série d’opérations douloureuses. C’est toute sa famille que le tribunal a puni en mettant M. Latimer derrière les barreaux. Les juges auraient pu le confiner à sa ferme et le forcer à remettre une partie de ses revenus aux groupes venant en aide aux personnes dans la même situation que sa fille.

Nous avons besoin d’un système judiciaire qui fasse preuve de justice. On devrait s’inspirer des cercles de justice autochtones qui sont un modèle d’imagination et d’humanité. Selon cette formule, lorsqu’une personne est trouvée coupable et reconnaît ses torts, elle est mise en présence des sages de sa communauté et des personnes impliquées dans son délit. Ensemble ils négocient une sentence appropriée à la situation.

J’aimerais partager une histoire qu’un autochtone m’avait raconté alors que j’habitais dans l’Ouest canadien. Dans un village, on venait de construire une prison et un blanc tentait d’expliquer à un autochtone la vocation de cet édifice. Il lui dit : « C’est simple, si tu voles une poule à un fermier on te met dans la prison ». Le visage de l’autochtone s’est éclairé et il a demandé à voir cet endroit magique. Le blanc lui a ouvert la porte et l’autochtone a examiné chaque parcelle de mur et de plancher. Son visage s’est assombri et il a dit : « Si je prends une poule à quelqu’un c’est parce que je n’ai pas le choix pour nourrir ma famille. Je croyais que cet endroit allait aider à trouver de la nourriture. »